Après 6 ans de bons et loyaux services, 404 s'arrête là, définitivement, ou pas.
D'abord à cause de plein d'autres projets chouettes. Un autre blog d'abord, bienbienbien, avec 3 compères et une nouvelle énergie. Et puis une nouvelle boîte aussi, des choses excitantes, des baskets contre des cravates, des caméras contre du Powerpoint, des idées contre, tout simplement contre.
Des envies différentes aussi.
Et puis cette campagne épuisante, ce bruit qui ne faisait que grandir chaque jour. Les blogs qui parlaient des médias qui parlaient des blogs qui parlaient des médias qui parlaient des blogs.
Des candidats ridicules sur Second Life, d'autres absurdes qui créaient leur websphère rien qu'à eux. Des bloggueurs qui croyaient détenir des secrets d'état et qu'on aurait dû remercier de ne pas faire imploser le monde tel que nous le connaissons à coup de révélations fracassantes sur Blogspot.
Tsunami de verbiage.
Le moment de passer à autre chose, sûrement, en remerciant tous ceux qui ont lu, commenté, aimé ou détesté 404.
La suite, c'est là. Et c'est pas pareil. Mais quand même.
En dehors d'être esthétiquement moche, manger 66 hot dogs de suite est passablement crétin. Mais est-ce que ça mérite un prix Nobel pour autant ?
Depuis que l'homme a inventé le sport, d'autres hommes se sont évertués à créer d'autres sports, ridicules ceux-là. Par exemple, la course peut légitimement être considérée comme un sport. La course automobile, on se demande. Aller faire les beaufs de luxe en fonçant comme des gorets dans les villages africains à l'occasion d'un raid pseudo-aventurier mais franchement motorisé, on peut décemment considérer que le sport n'a pas grand-chose à voir là-dedans. Le ridicule, par contre, oui.
Et s'il est un sport (cough) qui abat toutes les fontières du ridicule, c'est bien celui dont la plus prestigieuse (re-cough) compétition s'est déroulée le 4 juillet sur la côte est des États-Unis : le manger de hot-dog. Un principe simple, se bâfrer d'un maximum de pain-saucisse en 10 minutes, sans vomir sur les juges. À la face de la moitié de l'humanité qui n'a ni de quoi se nourrir ou s'hydrater décemment, oui, mais sur les juges, non.
Seul hic dans cette antre du bon goût : le tenant du titre n'est pas un obèse camarade de l'oncle Sam mais un chétif Japonais qui rapporte depuis 8 ans maintenant le titre au pays. Au nez et à la barbe pleine de miettes d'Américains déconfits.
Mais 2007 est l'année de la revanche. Diffusée sur ESPN en direct (vidéo ici), la compétition enflamme les commentateurs de la chaîne. En parlant de leur compétiteur national, Joey Chestnut, l'envolée lyrique n'est jamais loin (morceaux choisis) : "Ce serait le plus grand moment du sport américain si Chestnut pouvait rapporter le trophée chez nous", "Un courage incroyable de la part de Chestnut, cet homme a probablement changé le cours de l'histoire dans notre pays", "Chestnut est un véritable héros américain", "en ce 4 juillet, nous ne sommes pas loin de George Washington lorsqu'il a commencé à affronter les Anglais", "si vous tapez 'héros' dans Google demain, vous trouverez Neil Amstrong et Joey Chestnut".
Tout ceci, à propos d'un type dont le seul talent est de pouvoir manger 66 hot dogs de suite sans vomir.
Mais la meilleure est à venir lorsque, dans un accès de fébrilité patriotique, le présentateur lance : "Tout le monde, oui, tout le monde libre a les yeux fixés sur cet homme". Tout le monde libre devrait avoir les yeux fixés sur une compétition de hot-dogs ? A elle seule, cette phrase pourrait presque excuser 4 ans de résistance irakienne.
En tout cas, Joey Chestnut a rapporté la "Mustard Belt" au pays, devenant l'homme au monde capable de manger le plus de saucisses dans du pain en 10 minutes. La gloire tient finalement à peu de choses. Le ridicule aussi.
(23/03/2007) Petit rappel de dernière minute pour les retardataires : histoire de célébrer dignement sa 5e version en 6 ans d'existence, 404 Brain Not Found vous fait gagner des T-shirts chouettes et engagés avec nos amis de Olowshop.com. Et sur 404, on a nos têtes... Alors, pour fêter cette nouvelle version, il était logique de ne pas passer à côté de notre préféré, George W. Bush.
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